Une petite BIOGRAPHIE

Je suis né le 6 février 1985 à l’hôpital de Dieppe en Normandie. C’était un après midi et ma mère m’a souvent raconté qu’elle avait eu peur à ma naissance parce que je n’avais pas crié et que j’étais très calme contrairement aux premiers jours de mon grand frère Yann.
Je passé ma première année en ville dans la périphérie de Dieppe puis mes parents ont déménagé un peu plus à l’intérieure dans la campagne environnante.
J’ai donc passé toute mon enfance près de la nature puisque j’habitais près de la forêt où nous allions à la cueillette aux champignons en famille, mais aussi près des animaux car notre maison était à coté d’une ferme dont les enfants étaient nos copains. Le sport était aussi une de mes activités préférées, j’ai commencé le judo dès mon plus jeune age (à 6 ans) en suivant les traces de mon frère qui en faisait déjà dans le même club. Cette pratique m’a donné les « outils » nécessaires pour de nombreuses bagarres avec mon grand frère.
Mes premières années de scolarisation se passèrent sur les hauteurs de Dieppe non loin de l’appartement de mes grands-parents qui me gardèrent tout le long du primaire.
L’école du moins au début, ne me passionnait pas autant que le sport alors j’y allais surtout pour m’amuser. Elève perturbateur, j’ai copié des lignes et des lignes de punitions mais il y a eu des moments où ça ne suffisait pas alors c’est ma grand-mère qui venait me chercher directement en classe car ma maîtresse n’en pouvait plus !
C’est dans la musique que j’ai trouvé mon exutoire et plus particulièrement dans la pratique de la batterie à l’age de 8 ans. Cette passion pour la percussion m’a bien canalisé et du coup les bonnes notes ont suivies, faisant le bonheur de mes parents même si le vacarme que je produisais au début n’était pas toujours marrant pour eux.
A cette passion s’est ajoutée celle du sport automobile notamment la formule 1 dont je ne rate aujourd'ui encore aucune course.
Puis, en fin de primaire mes parents décidèrent de quitter la campagne pour déménager près de Dieppe dans un petit village (Bracquemont) proche de la mer.
Ce fut donc une année avec beaucoup de changements puisque je rentrais au collège la même année. Du fait, j’étais plutôt timide en entrant en classe de sixième puis le naturel a vite repris le dessus avec beaucoup de mots des professeurs dans le carnet de correspondance mais aussi avec des bonnes notes, alors j’étais plus ou moins excusé à la maison.
J’ai énormément de bons souvenirs de mon adolescence où je me suis fait des amis dont certain que je vois encore régulièrement, Antoine et Alexandre (qui jouait du synthé).
C’est aussi à cette période que j’ai eu mon premier moyen de locomotion, une MotoCross bien pratique pour aller voir les copains et copines « en ville » mais qui m’a aussi offert quelques frayeurs et cabrioles (je me suis retrouvé à l’Hôpital la veille de partir en Espagne pour les vacances d’été…voyage douloureux mais encore de bons souvenirs car ce sont les premières passées avec ma belle sœur Claire Alice et mon frère).
Je suis rentré à la fin de cet été en Seconde au Lycée Ango situé sur les hauteurs de Dieppe dans une classe où je ne connaissais personne.
Je me suis vite fait de nouveaux amis dont certains musiciens: Robin (guitariste), François (basiste) et Dorian (chanteur).
On sait vite entendu pour former un groupe de Pop/Rock et fait notre premier concert pour la fête de la Musique. Une grande expérience avec de grands moments de « solitudes » aussi…
Nous avons alors compris pourquoi il ne fallait pas que s’amuser en répétition mais aussi travailler. Les répétitions se sont multipliées pour donner naissance à nos compositions et nous nous sommes mis à jouer régulièrement dans les bars de Dieppe et autres petits festivals tout le long de mes « années lycée ».
Le groupe s’est séparé en enregistrant une maquette de nos compositions et une dernière fête de la musique assez réussie avec beaucoup de monde (pour nous !).
Tous mes amis partirent sur Rouen poursuivre leurs études sauf moi qui restait à Dieppe pour entamer une nouvelle terminale après être passé au rattrapage en échouant de quelques points.
J’ai eu mon bac l’année d’après et m’inscrivit à l'Université de Droit de Rouen.
Une année très peu fructueuse en terme de réussite mais encore pleines de bon souvenirs avec mes amis lors de soirées plutôt arrosées…
Lors de la rentrée suivante, j’ai complètement changé d’orientation en revenant à ma première passion, la musique et la batterie.
Je me suis donc complétement consacré à cet instrument (nécessaire lorsque l’on veut en faire son métier), j’attaquais alors ma troisième année au coté de mon Professeur Monsieur Damamme (qui me soutient toujours aujourd’hui).
Tout bascula lors des vacances d’été 2007. Après une fin d’année fatigante, je suis parti avec mes parents à Belle Isle en Mer pour me reposer. Nous y sommes arriver peu avant le déjeuné du soir, à l’hôtel qui se situe sur la pointe sauvage au nord.
Etrangement, je me rappel bien de tous les détails de ces quelques moments passé sur l’Isle.
Ce soir là il eut un feu d’artifices sur une petite plage qui se situait en contre bas de là où nous nous étions garé. Après ce beau spectacle, je me rappelle que pour remonter le chemin qui nous ramenait à la voiture, j’avais mal aux jambes dû à un footing un peu poussé la veille…
Le lendemain nous avions quitté l’hôtel assez tôt pour faire les courses et rejoindre le gîte au plus vite afin de profiter de la plage l’après midi.
Cette journée était maussade et nous avons décidé d’aller à la plage « d’Herlin » qui est souvent à l’abris du vent. Le soleil fit petit à petit son apparition, je me faisais "dorer" le corps au soleil puis je décidais d’aller prendre un premier bain où je rejoignis mon père.
L’eau était froide mais j’y restais un moment ébloui par sa clarté par rapport à la Manche.
Je refis un dernier somme au soleil puis voyant mes parents dans l’eau je l’ai rejoignit à toute hâte. J’ai couru sur quelques dizaines de mètres dans l’eau puis pensant qu’il y avait assez de profondeur, j’ai plongé dans une petite vague.
Il dû se passer une fraction de seconde où je ne comprennais pas ce qu'il m'arrivait, le temps s'arreta, j’ouvris les yeux sous l’eau. C'est à ce moment que je pris conscience que j’étais paralysé de haut en bas. Les secondes s’écoulèrent sans que je ne puisse me retourner et bientôt l’oxygène me manqua.
Inspirant et avalant de l’eau presque naturellement et sans géne, je me suis rendu compte avec quel aisance « cette spirale de la mort » s’installait comme si quelque chose m’attirait de l’autre coté.
J’ai alors mis mes dernières forces pour essayer de me retourner en balançant mon corps avec mes épaules.
Je réussis à éviter le « naufrage » et repris mon souffle pour appeler ma mère qui était non loin de moi.
Je lui expliquais dans la panique que je ne pouvais plus bouger, au début ma mère cru que c’était une farce puis compris vite que la situation était grave.
On me ramena vite sur la plage et les secouristes me donnèrent les premiers soins. Etant dans un état d’épuisement le plus total, les différentes étapes relatives à mon secours (de l’arrivée des pompiers à l’hélitreuillage au CHU de Renne), parurent se succéder très vite, je pense que j'était dans un état second.
Je n’ai donc pas vraiment de détails de ces moments là si ce n’est une secouriste dans l’hélicoptère qui me demanda comment j’allais.
Je lui ai juste dit que j’avais peur. Un autre souvenir me revient, quand le chirurgien avant l’opération me dit qu’il espérait récupérer «le haut» et peut être un peu le bas.
Les choses ne sont pas passées comme cela mais je continue à espérer pouvoir retrouver ces fonctions et redevenir un peu plus autonome grâce à vous.
Merci à toutes les personnes qui me soutiennent et me soutiendront dans ce combat contre la fatalité.

Classification forfaitaire selon la hauteur de paralysie (des recoupements sont possibles) :
C4 = la plupart du temps, seules quelques parties du biceps fonctionnent et les mains ne fonctionnent pratiquement pas.
C5 = le biceps fonctionne, l'extension active du bras peut avoir lieu grâce à la rotation vers l'extérieur du bras dans l'articulation de l'épaule (rotation extérieure).
C6 = la fermeture passive du poing et la préhension passive d'objets avec le pouce et avec l'index sont possibles.
C7 = le triceps fonctionne
C8 = la musculature pour le fléchissement des doigts fonctionne, les fonctions des mains sont pratiquement toutes existantes.
